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Toilette et soins
(Vitrine 3)

Les Gallo-Romains aiment à prendre soins de leur corps. L’eau courante n’étant pas la norme, ils se lavent sommairement chez eux et se rendent aux thermes pour se baigner, se faire épiler, masser ou pour prendre de l’exercice. Aventicum compte au moins trois établissements thermaux publics ; le plus ancien date de 29 ap. J.-C.

Les parfums, dont l’usage est très répandu, sont conservés dans de petits récipients (nos 9 à 19) en céramique, en bronze ou en verre. Les senteurs les plus chères contiennent des produits exotiques tels que la cannelle ou la myrrhe, tandis que les plus courants sont à la rose ou au miel.

Les femmes se maquillent volontiers, suivant la mode de Rome: pâleur du visage, lèvres rouges, sourcils noircis et paupières fardées. Divers instruments permettent de préparer les couleurs, de les malaxer et de les appliquer (nos 33 et 34, 42 à 54).

En Gaule comme dans tout l’Empire romain, quelle que soit l’époque, les femmes portent les cheveux longs; les jeunes filles les attachent sur la nuque ou les nattent, tandis que les femmes mariées osent des coiffures plus élaborées. Certaines n’hésitent pas à se teindre les cheveux.

Les coiffures des hommes suivent souvent de près celles adoptées par l’empereur régnant, de même que le port de la barbe et de la moustache. La plupart des hommes se font raser chez un barbier.

Le contrôle du maquillage et de la coiffure se fait à l’aide de petits miroirs, composés d’une plaque de bronze ou d’argent poli montée sur un manche (nos 5 à 7; 3) ou placée dans un cadre en bois (no 55).

La médecine antique s’est développée en Grèce et Hippocrate (460-370 av. J.-C.) en est le plus fameux représentant. A Rome, comme dans les provinces, les médecins sont souvent d’origine grecque. Un grand nombre de praticiens sont itinérants; certains peuvent exercer dans le cadre d’un sanctuaire, d’un hôpital militaire (valetudinarium) ou d’un cabinet privé (taberna medica). Dans quelques cités, dont Aventicum, une association de médecins possède un lieu de réunion (schola) (voir inscription no 23 au rez-de-chaussée; 2). Des femmes ont également exercé cette profession.

La formation médicale s’acquiert en assistant pendant plusieurs années un médecin reconnu. A l’issue de cet apprentissage, le nouveau médecin sait notamment réduire une fracture, amputer un pied ou une main puis cautériser la plaie au fer rouge, ligaturer les vaisseaux, opérer la cataracte. Pour effectuer ces diverses opérations, il dispose de scalpels à lames interchangeables (nos 21 à 23), de crochets pour soulever ou écarter les chairs (no 24), de sondes pour cautériser ou sonder des plaies (nos 42 à 46), de spatules pour prélever ou étaler un produit, enlever un kyste ou même un œil entier (nos 42 à 51).

Les médicaments les mieux connus sont les collyres pour les yeux (4). En effet, en Gaule, les ophtalmologues utilisent des sceaux (no 30) qu’ils impriment sur des préparations solides. L’inscription indique en général le nom du praticien, celui du collyre, l’effet escompté et l’affection à soigner. Ces médicaments, qu’il faut délayer au moment de leur utilisation, sont à base de végétaux, de métaux ou de substances animales; certaines de ces composantes possèdent des vertus thérapeutiques reconnues aujourd’hui encore.


1-2. Têtes en bronze.
3. Tête masculine (Pan) en pierre.
4. Rasoir ou couteau en fer avec manche en os.
5-6. Eléments de miroir en bronze.
7. Dos de miroir en plomb avec la représentation des trois Grâces (3).
8. Peigne en os (copie).
9-19. Flacons à parfum en verre, en bronze et en céramique.
20. Broyeur (?) en bronze.
21-23. Manches de scalpel en bronze.
24. Crochet médical en bronze.
25. Aiguille en bronze, servant à traiter la cataracte (?).
26. Sonde à œillet en argent, pour passer un fil.
27. Pince de chirurgien en bronze.
28-29. Brucelles en bronze.
30-31. Cachet d’oculiste
(4) pour estampiller un collyre solide avec inscription COE[N ?] indiquant le type de médicament ; tablette à broyer en pierre.
32. Mosaïque avec visage de femme (personnification de l’Eté).
33-34. Broyeur en forme de doigt et tablette en pierre.
35-37. Boules de pigment bleu d'Egypte utilisé notamment comme fard.
38-39. Flacons à parfum en verre.
40-41. Bâtons remueur en verre.
42-51. Sondes en bronze de fonctions diverses.
52-54. Instruments de toilette en os.
55-56. Miroir en bronze et tablette en pierre, retrouvés dans une tombe.

           
 
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