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Poids
et mesures
(vitrine 9)
Chez les Romains, l'unité de longueur
est le pied (pes), dont la valeur varie suivant les régions
et les époques, mais qui se situe autour de 29,6 cm
au début de notre ère. Le pied se subdivise
en douze onces (unciae) et trois onces forment une palme (palmus) équivalant à la largeur de la paume d'une main.
Deux pieds et demi donnent un pas (gradus) et mille double-pas
(passus) un mille (mille passus) d'environ 1478,5 m. Les distances
entre les villes sont calculées en milles et indiquées
sur de grandes bornes en pierre, les milliaires. La mesure
gauloise, la lieue (leuca), n'a jamais complètement
disparu de nos régions.
Pour mesurer de courtes distances on utilise une règle
(regula) ou un compas (circinus) (vitrine 9, nos 1-2). Ce
dernier sert non seulement à tracer des cercles, mais
également à reporter des distances. Le fil à plomb (vitrine 9, nos 3-4) (perpendiculum), associé
à l'équerre, permet le contrôle des surfaces
verticales ou horizontales.
L'unité de base pour la mesure du poids est la livre
(libra) qui vaut 327,45 g (vitrine 9, no 7) ; elle se subdivise
en douze onces (unciae) de 27,3 g (vitrine 9, nos 16-17).
Parfois, une lettre ou un signe inscrit sur le poids, permet
d'en connaître la valeur. Ainsi la livre s'abrège
en I (vitrine 9, no 7) et la demi-livre (semis) en S (vitrine
9, no 5).
Les marchands se servent de deux types de balance. Celle à
fléau asymétrique et à plateau unique
(statera) (vitrine 9, nos 10 et 12) est la plus employée.
Elle est nommée de nos jours balance romaine. La pesée
s'effectue en déplaçant un contrepoids suspendu
à un curseur sur le fléau gradué. Les
contrepoids affectent des formes variées, les plus
simples sont en forme de gland ou de sphère (vitrine
9, nos 10, 13-14), les plus élaborés représentent
des bustes humains. Le deuxième type de balance utilisé
est celui à deux plateaux équidistants (libra)
(vitrine 9, no 11). La pesée se fait au moyen de poids
de différentes tailles (vitrine 9, nos 5-9, 16-20).
L'unité de mesure de capacité est le quadrantal
qui correspond à une amphore (amphora) de 26,2 l. La
moitié de l'amphore est l'urne (urna) de 13,1 l et
le tiers est le modius de 8,7 l. Les petites quantités
se mesurent en cuillère (cochlear) de 0,0011 l (vitrine 9, no 21).
Vitrine 9
1-2. Compas en fer à pointes sèches.
3. Poids de fil à plomb en bronze.
4. Poids de fil à plomb ou contrepoids de balance en fer.
5. Poids en pierre portant la marque IIS équivalant à deux livres (librae) et demi, soit 818,6 g.
6. Poids en bronze portant la marque II équivalant à deux livres, soit 654,9 g.
7. Poids en bronze portant la marque I équivalant à une livre, soit 327,4 g.
8. Poids en pierre proche d'une livre un tiers, soit de 436,6 g.
9. Poids en bronze portant la marque :: signifiant un tiers de livre (triens), soit
109,1 g.
10. Balance en fer (1) à fléau asymétrique avec contrepoids en fer fourré de plomb proche de deux livres deux tiers, soit de 873,2 g.
11. Balance en bronze à fléaux égaux et à deux plateaux.
12. Balance en bronze à fléau asymétrique avec graduation gravée.
13. Contrepoids en bronze fourré de plomb avec chaîne. Le poids est proche de cinq onces (quincunx), soit de 136,4 g.
14. Contrepoids en plomb avec chaîne. Le poids est proche de sept livres, soit de 2292,1 g.
15. Plateau de balance en bronze comportant l'estampille BANNA.
16. Poids en bronze portant une marque sur chaque face, proche d'une once (uncia), soit de 27,3 g.
17. Poids en bronze portant une marque, proche d'une once (uncia), soit de 27,3 g.
18. Poids en bronze proche d'une demi once (semuncia), soit de 13,6 g.
19. Poids en bronze proche d'un quart de livre (quadrans), soit de 81,9 g.
20. Poids en bronze proche d'un sixième de livre (sextans), soit de 54,6 g.
21. Cuillère en bronze (cochlear) d'une contenance d'environ 0,011 l. Sa capacité correspond à l'unité de mesure la plus petite.
.Le dodécaèdre, un instrument de mesure ?
(Vitrine 10)
Dodécaèdre en bronze (2) découvert dans une maison d'Aventicum.
Le dodécaèdre est une figure géométrique en trois dimensions, soit un polyèdre régulier à douze faces pentagonales égales. L'objet est creux et ajouré. Chaque face est percée d'une ouverture circulaire de dimension variable (0,9 cm à 2,6 cm). Dix ouvertures sont entourées de cercles concentriques. Les deux plus grands orifices, placés sur deux faces opposées, ne montrent aucune trace de décor.
Dans l'état de nos connaissances, tous les dodécaèdres recensés ont été découverts dans des sites gallo-romains, principalement au nord des Alpes, surtout au centre et au nord-est de la Gaule. Nous en connaissons plus d'une soixantaine d'exemplaires. Si le dodécaèdre n'est pas un objet rare, il n'est pas courant non plus, d'où son intérêt exceptionnel.
La fonction du dodécaèdre a déjà intrigué des générations d'archéologues. Elément décoratif, jeu, ou calibre ont notamment été évoqués. On a également émis l'hypothèse qu'il pouvait s'agir d'un objet utilisé à des fins cultuelles; toutefois aucun dodécaèdre n'a été mis au jour à l'intérieur ou dans les environs d'un sanctuaire.
On est tenté de l'interpréter aujourd'hui comme étant un instrument en relation avec l'astronomie. Les douze faces représenteraient les douze mois de l'année, les trente arêtes les jours du mois. Selon une interprétation récente, le dodécaèdre permettrait de déterminer une fourchette de dates en relation avec les équinoxes de printemps et d'automne.
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