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Mur d'enceinte
Symbole du statut de colonie
Avec ses portes, ses tours et ses courtines crénelées,
l’enceinte fortifiée symbolise le statut politique
de nombre de villes antiques. Aventicum se pare d’un tel
monument dès son élévation au rang de colonie,
affirmant sa présence dans le paysage et délimitant
du même coup un espace urbain qui s’étend
bien au delà des quartiers réguliers déjà
bâtis ou seulement projetés.
Son développement surdimensionné
Englobant un territoire de 230 ha environ, l’enceinte
se développe sur plus de 5'500 m, suivant au sud la ligne
de crête du coteau de Donatyre, englobant à l’ouest
la colline du bourg actuel d’Avenches, bordant au nord
les zones alors marécageuses de la plaine, pour remonter
à l’est le long d’une ligne de rupture de
pente. Ce vaste périmètre, accessible par quatre
portes principales – seules celles de l’Est et de
l’Ouest sont connues –, une porte secondaire au
Nord-Est et plusieurs poternes, comportait 73 tours bâties
à l’intérieur du mur, qui desservaient les
courtines. Plusieurs tronçons du mur sont conservés
à l’état de ruine, et l’un d’entre
eux a été restauré de part et d’autre
de la porte de l’Est et jusqu’à la Tornallaz,
où un court secteur a même été entièrement
reconstruit. Partout ailleurs ou presque, le paysage actuel
conserve des indices bien visibles de son tracé.
Ouvrage militaire ou d’apparat
?
Large de 3 m en fondation et de 2,40 m en élévation,
le mur s’élevait à une hauteur de 5 m, où
courait le chemin de ronde, protégé par des merlons
coudés de 2 m de hauteur délimitant des créneaux
longs de 1,90 m, élevés à hauteur d’appui.
Les tours, fonctionnant avant tout comme cages d’escaliers,
s’élevaient peu au-dessus de la courtine, où
elles présentaient un plan circulaire de 6,90 m de diamètre
hors tout, tangent au parement extérieur du mur ; au-dessous,
elles s’adossaient à celui-ci, le plan prenant
la forme d’un fer à cheval et leur maçonnerie,
épaisse de 1,20 m, venant s’ancrer dans celle de
l’enceinte. Cet ouvrage était complété
côté campagne par un fossé large de 3,8
m et profond de 1,6 m, creusé 2 m en avant du mur, sauf
dans le secteur marécageux de la plaine, où les
fondations reposent sur des pieux de chêne datés
par la dendrochronologie de 72 à 79 de notre ère.
Bien que de conception et d’aspect très militaires,
le mur d’enceinte n’a sans doute qu’exceptionnellement
fonctionné comme ouvrage de défense. Sans exclure
qu’il ait pu contribuer au contrôle policier des
accès à la ville, il contribue avant tout à
donner une image prestigieuse de la capitale des Helvètes.
Un chantier «pharaonique»
Bâti de moellons de calcaire jaune d’un module à
peine plus important que celui des maçonneries habituelles
de petit appareil, le mur réserve l’usage du grès
aux chaperons des merlons et créneaux et au dallage des
courtines. Les quelque 200'000 m3 de calcaire du Jura, acheminés
sous forme de gros blocs depuis la rive nord du lac de Neuchâtel
par des péniches qui les déchargeaient au port
de rive, puis débités en blocs plus maniables
et convoyés par charrois jusqu’aux différents
chantiers, étaient finalement façonnés
en moellons pour monter les parements du mur, les déchets
de taille, noyés dans un mortier à la chaux, constituant
l’âme du mur. Eu égard à la capacité
du port et des péniches utilisées, on estime à
12 ans environ la durée du chantier de construction de
l’enceinte tout entière. On ignore quelles furent
les ressources financières nécessaires à
cette entreprise gigantesque et qui en assura la direction.
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